15.08.2008

Buache au premier rang

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HORS-CHAMP

Freddy Buache était au premier rang, hier, pour assister à la projection inaugurale du portrait filmé qui vient de lui être consacré par Michel Van Zele. Découvrir ce film à Locarno revêtait une signification particulière, quarante ans après l’édition 68 qui fit date. Freddy Buache était en effet directeur du festival et reçut la caution de la présence de Jean-Luc Godard, alors qu’on le soupçonnait de complaisances bourgeoises... Buache et Godard se retrouvent d’ailleurs à Rolle au cours d’une séquence d’anthologie, évoquant les temps héroïques qu’ils ont connu avec la même propension, un rien pénible, à retirer l’échelle derrière eux. Mais ainsi sont, souvent, les pionniers…

Au demeurant, c’est bel et bien sous le signe de la passion généreuse et parfois épique, voire burlesque, que s’inscrit cet hommage à Freddy Buache, passeur du 7e art, en Minotaure revisité dans son Labyrinthe, dès le jour, mythique lui aussi, où il rencontra tout jeune homme, en 1945, Henri Langlois (patron de la Cinémathèque française) au palais de Rumine, à l’occasion d’une grande exposition, prélude à une longue amitié, d’un passeur à l’autre. De la fontaine de Villard-Mendraz, village de ses parents cafetiers, au cimetière du même lieu, en compagnie de Jacques Chessex, en passant par les locaux décatis de l’ancienne Cinémathèque, Michel Van Zele retrace un portrait en mouvement d’un grand Monsieur, tantôt émouvant (quand il rend hommage à son épouse défunte) et tantôt irradiant la force tranquille des créateurs.     

 

 

 

    

 

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