16.08.2008

Du jeunisme au gâtisme

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HORS-CHAMP

Dans le film consacré à Freddy Buache, le peintre Pietro Sarto, son pote de jeunesse, s’indigne de ce qu’on puisse parler d’un « vieux film ». Et de s’exclamer, avec sa furia coutumière, qu’il n’y a que de « bons» et de « mauvais » films.

Cela paraît aller de soi, et pourtant non : le « jeunisme » continue de sévir, aussi débile d’ailleurs que l’idée selon laquelle la jeunesse actuelle n’a plus rien à dire. Au lieu de juger l’œuvre, on pointe l’âge du capitaine. Et Nicolas Bideau de taxer Vitus, de Fredi M. Murer, de « film de vieux ». Ou Freddy Buache de qualifier Das Fräulein, d’Andrea Staka, de «film d’école».

Le quadra Nicolas Bideau réclame un lifting du Festival de Locarno au sexa Marco Solari, en le taxant de « rétrograde ». Alors la trentenaire Natacha Koutchoumov de balancer à Bideau: « c’est vous qui êtes rétrograde »…

Sur quoi Pietro Sarto, 78 balais dans son placard, de remettre ça: «Dit-on d’un roman de Balzac que c’est un vieux roman ? ». Et Picasso, 127 ans ce matin: «Il ne faut pas moins d’une vie pour devenir jeune...»

Nous avons constaté, de nos yeux aussi vieux que le festival de Locarno, que les salles de celui-ci étaient pleines de jeunes. Et les compères Godard et Buache de prétendre que l’esprit de découverte n’y est plus. Pas sympas les papys !

Mais bref : ce jour sera, peut-être, la fête à Lionel Baier (33 ans) ou à Fernand Melgar (47ans), et puissent Jean-Luc et Freddy, autant que Sarto et Bideau, reconnaître cela seulement : que les deux lascars ont fait de bons films !     

 

 

 

   

 

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