24.06.2011

Un ange passe

Columbo.jpgCiao Columbo, ciao Caro, ci vediamo al Cielo !

Peter Falk n’est plus de ce monde, on vient d’apprendre sa mort à l’âge de 83 ans, mais Columbo n’est pas mort : tout à l’heure vous allez le voir se retourner, il se sera ravisé, ah mais il a encore une question à vous poser, juste une, et vous le verrez rappliquer avec son air à la fois emprunté et impudent, hésitant et insistant, alerté par Dieu sait quel détail que vous avez négligé et vous laissant entendre qu’il a lu dans votre jeu et qu’il vous tient déjà, tout en vous souriant parce qu’en somme il vous aime bien même s’il sera contraint, à la fin, de vous arrêter...

Columbo n’est pas mort parce que c’était un ange et que les anges passent sans trépasser. Columbo est un ange depuis que Wim Wenders en a fait un dans Les ailes du désir, mais il l’était avant déjà et il le restera bien après que nous aurons passé à notre tour. Peter Falk était un ange à sa façon dans Une femme sous influence de John Cassavetes, et Cassavetes lui prêta son angélique sourire de démon dans un épisode de Columbo, mais à l’instant je me rappelle surtout l’inspecteur arrêtant Johnny Cash tout en reconnaissant qu’un assassin qui a une telle voix ne peut pas être tout à fait mauvais.

Passons sur Columbo et les femmes, car l’ange est chaste par excellence, même s’il honore Madame Columbo le samedi soir, mais que d’anges féminins, beauté fatales, démons en visons nous auront ensorcelés à ses côtés et n’en finiront pas de nous charmer grâce à l’immortalité matérialisée du petit inspecteur sur DVD…

05.06.2011

Fellini l'enchanteur

 

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Hommage exceptionnel, ce mois de juin à Lausanne, à l'un des plus grands poètes du 7e art. Avec, à la Cinémathèque suisse,  une intégrale des films de Federico Fellini, divers documentaires sur le Maestro et une exposition de dessins et de photos en rapport avec son univers, au Musée de l'Elysée. Lundi soir 6 juin au cinéma Capitole, à 20h: lever de rideau sur La Dolce Vita, en présence d'Anouk Aimée. E la nave va, fellinissimo !

Fellini4.jpg« L’art doit être aussi méticuleux que la vie », dit Fellini à propos de la forme artistique la plus proche de la réalité que semble le cinéma, qui requiert précisément, alors, la transformation de la réalité apparente en trompe-l’œil dont la mer de plastique du Casanova est l’un des plus fameux exemples.

Fellini6.jpgLe film intitulé Je suis un grand menteur, dans lequel le Maestro décrit la germination de son art avec une quantité d’exemples vécus sur le plateau, est une belle leçon de choses dans laquelle interviennent, autant que le marionnettiste, ses poupées plus ou moins consentante, du malheureux Donald Sutherland qui semble ne pas être encore revenu du fait d’avoir tant été malmené durant les premières semaines du tournage du Casanova (on sait que Fellini ne pouvait pas l’encadrer…) à Terence Stamp évoquant superbement sa propre expérience, en passant par Giuletta Masina ou Roberto Begnini aux impayables observations.

Fellini1.pngSceptique à l’endroit de tout scepticisme, plaidant pour la disponibilité totale du créateur, médium plus qu’ingénieur trop lucide, Fellini apparaît à la fois en Dieu le Père et en enfant pénétré par son jeu, et le voir travailler avec ses acteurs (la scène de triolisme où il dirige, un regard après l’autre, un geste après l’autre, les caresses des jeunes amants du Satyricon), le voir détailler l’importance absolue de telle couleur ou de telle lumière, le voir cajoler ses gens ou les houspiller, le voir créer son univers apparemment ex nihilo, mais fait de tout ce qui existe et nous traverse, est une fabuleuse démonstration d’attention amoureuse à cela simplement qui est…

Je suis un grand menteur, film de Damian Pettigrew, fait partie du coffret de 8DVD réunissant 6 films de Federico Fellini: Il BidoneI VitelloniLa dolce vitaJuliette des espritsProva d'orchestra et Le voce della luna.