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<title>La maison Cinéma</title>
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<subtitle>Par Jean-Louis Kuffer</subtitle>
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<title>Une belle personne</title>
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<updated>2012-01-21T11:58:36+01:00</updated>
<published>2012-01-21T11:54:00+01:00</published>
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<summary>        Entretien avec Marthe Keller, invitée d'honneur des 47es Journées de...</summary>
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&lt;p data-mce-style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;img src=&quot;http://leopard.blog.24heures.ch/media/00/00/345125151.jpg&quot; alt=&quot;Keller3.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; id=&quot;media-32010&quot; /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p data-mce-style=&quot;text-align: justify;&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Entretien avec Marthe Keller, invitée d'honneur des 47es Journées de Soleure. Une grande dame, toute de classe et de simplicité, enfin reconnue par les siens...&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Pour le grand public du petit écran, le nom de Marthe Keller évoque aussitôt la série « culte » de &lt;em&gt;La Demoiselle d'Avig&lt;/em&gt;non. Pour beaucoup d'amateurs de cinéma, celle qui fut l'épouse de Philippe de Broca (dont elle a un fils, le peintre Alexandre de Broca) et la partenaire de son ami Al Pacino dans l'émouvant &lt;em&gt;Bobby Deerfield&lt;/em&gt; de Sydney Pollack, irradia aussi de sa présence &lt;em&gt;Fedora&lt;/em&gt; de Billy Wilder et &lt;em&gt;Marathon Man&lt;/em&gt; de John Schlesinger.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Cependant, la carrière cosmopolite de cette comédienne de théâtre et de cinéma, aussi à l'aise en allemand et en anglais qu'en français, est parfois sous-estimée dans notre pays, notamment en Suisse allemande. Plus de nonante films de télévision (où figurent deux de ses préférés, &lt;em&gt;Le lien&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;La ruelle au clair de lune&lt;/em&gt;) et de cinéma, une carrière théâtrale de haut niveau et une mise en scène du &lt;em&gt;Don Giovanni&lt;/em&gt; de Mozart qui a fait date, émaillent la trajectoire de cette artiste exemplaire. Rencontre à Soleure, où sont présentés onze de ses films.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;strong&gt;- Qu'est-ce pour vous que la Suisse ?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; - Tout. La Suisse est tout pour moi. Tout à l'heure, je suis arrivée à la gare de Soleure que je connais à peine, il pleuvait, et je me suis dit : voilà, je suis à la maison. Je suis partie toute jeune de la Suisse parce que je m'y sentais à l'étroit. Tout était trop petit pour moi. Ce n'est pas que j'avais la grosse tête, mais j'avais besoin d'indépendance et de m'affranchir. Or plus je vieillis et plus, avec la distance et l'absence, je me sens accrochée à ces racines. Si j'ai réussi un petit peu dans ma vie professionnelle, c'est grâce à la Suisse. À cause de l'amour de mes parents et de leur honnêteté. À cause de l'équilibre qu'ils m'ont aidée à préserver. Si je ne suis pas hystérique et que j'ai gardé le respect du travail bien fait sans me prendre trop au sérieux, c'est à cause d'eux et de la Suisse.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;strong&gt;- Qu'est-ce qui vous « tient ensemble » dans vos multiples activités et forme l'unité de votre personne ?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; - Ce qui est essentiel pour moi, c'est l'indépendance et la question. La question m'intéresse plus que la réponse. Les résultats ne m'intéressent pas : c'est la mort. Le trajet m'intéresse. On a besoin du public, mais je n'aime pas ce qui entoure ce métier, le côté superficiel et débile du « people ». Lorsqu'on me pose des questions « people », je me dis que la vie d'un dentiste ou d'une femme de ménage mériteraient autant d'attention que celle d'un acteur, mais bon : nous faisons un métier public et c'est le jeu. Et si le bavardage médiatique ne m'intéresse pas, ce qui m'intéresse c'est le travail. J'adore le travail, et de plus en plus souvent avec les jeunes. J'ai beaucoup aimé, ainsi, travailler avec les apprentis réalisateurs de l'ECAL, à Lausanne. J'ai tourné avec des gens extraordinaires comme Billy Wilder, Sydney Pollack ou plus récemment Clint Eastwood, avec des acteurs comme Marlon Brando, Dustin Hofman, Al Pacino, entre tant d'autres, je les admire et ils m'ont fait rêver, mais la peur de l'inconnu vient d'ailleurs et je suis plutôt groupie de tout ce que je ne connais pas : les gens qui font quelque chose de bien pour le monde, des savants, des médecins, me fascinent plus que les grands du cinéma, qui font en somme leur boulot.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;strong&gt;- Quand avez-vous commencé de rêver au théâtre ou au cinéma ?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; - Je n'ai jamais rêvé à cette carrière. J'ai rêvé d'être danseuse, mon rêve s'est brisé vers seize dix-sept ans après un accident de ski, mais je ne m'en plains pas aujourd'hui : ça fait une danseuse au chômage de moins ! J'étais trop timide pour imaginer que je ferais jamais du théâtre et du cinéma ! D'ailleurs, comédienne boursière à Munich pour trois ans, puis à Heidelberg, j'ai essuyé pas mal de refus avant de me risquer à Berlin en 1966 où j'ai enfin démarré et joué tous les classiques au théâtre avant de rallier Paris en 1968, où j'ai rencontré Philippe de Broca.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;strong&gt;&lt;img data-mce-src=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/media/01/01/2796743951.jpg&quot; data-mce-style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; src=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/media/01/01/2796743951.jpg&quot; alt=&quot;Keller4.jpg&quot; id=&quot;media-3394954&quot; /&gt;- Quels films, des onze qui sont présentés à Soleure vous sont les plus chers, et pourquoi ?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; - Certains films que j'aime particulièrement, comme &lt;em&gt;La ruelle au clair de lune&lt;/em&gt; de Molinaro, avec Michel Piccoli, ou &lt;em&gt;Le lien&lt;/em&gt;, ne sont pas là, mais je comprends le choix du festival qui mise aussi sur les succès américains. &lt;em&gt;Le Lien,&lt;/em&gt; téléfilm de Denis Malleval, est mon film préféré, mais j'aime bien aussi &lt;em&gt;Elle court elle court la banlieue&lt;/em&gt;, de Gérard Pirès, qui reste très actuel et que le public de Soleure reverra. Je suis aussi contente qu'il y ait &lt;em&gt;Les yeux noirs&lt;/em&gt;, de Mikhalkov, qui n'est pas parfait mais contient de jolies choses, ou encore &lt;em&gt;Per le antiche scale&lt;/em&gt; de Bolognini avec Marcello Mastroianni.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;strong&gt;- Y a-t-il des rôles, dans votre carrière de comédienne, qui vous aient particulièrement marquée ?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; - Je me nourris de tout, même si c'est un petit rôle . Les grands chocs, pour moi, ont été plutôt théâtraux. C'est par exemple Jeanne d'Arc que j'ai interprétée dans quinze productions durant trente ans et que j'ai mûri. Sinon, j'ai toujours appris quelque chose.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;strong&gt;- Cela vous gêne-t-il d'être identifiée, par beaucoup, comme la demoiselle d'Avignon ?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; - Au début j'étais très heureuse. Après, comme j'ai fait tellement de choses plus dures et consistantes, ça commençait de ronronner et de m'agacer. Plus tard, j'ai revu ça à cause de mes petites-filles et je me suis dit que ça faisait en somme rêver sans vulgarité. Et puis c'était bien ficelé avec la magie du feuilleton qui vous donne envie de rester scotché. Enfin vous n'allez pas le croire mais ce matin encore, à Paris, le chauffeur de taxi m'a reconnue quarante ans après...&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;strong&gt;- Qu'avez-vous eu à cœur de transmettre à votre fils ?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; - Mon fils Alexandre est ma fierté ! Ce que je constate, dans ses choix, c'est que je lui ai transis mon goût de l'indépendance et de l'honnêteté dans son travail. L'artiste Alexandre de Broca mène sa barque avec beaucoup d'intelligence et de talent. Il pratique la gentillesse et l'intégrité et se trouve toujours prêt à partir. Ses deux filles Charlotte et Joséphine, une petite violoniste et sa sœur, semblent elles aussi sur la bonne voie. Ma petite Charlotte, qui a neuf ans et à qui j'interdis de prononcer un gros mot comme « grand-mère », m'a écrit « Nina, est-ce que tu peux venir m'écouter à l'auditorium du Conservatoire du IXe avec toute ma troupe ? », devant 600 personnes. Elle a joué Bach&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; - et la grand-mère en a pleuré...&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;strong&gt;Avez-vous le sentiment d'avoir été reconnue en Suisse ?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; - Cela a été le sujet de toute une polémique ! Pour Bâle, j'ai commencé à exister, dans les médias, avec ma Légion d'Honneur en janvier dernier. Cela m'a valu de faire la Une après des années d'inexistence, mais il ne faut pas le dire : ne l'écrivez pas ! Les Romands m'ont toujours acceptée, mais les Bâlois ont vu d'un mauvais œil que je parte à l'étranger ou en Suisse romande. Par ailleurs, la première proposition qui m'a été faite de tourner en Suisse l'a été passée la soixantaine, dans le film &lt;em&gt;Fragile&lt;/em&gt; de Laurent Nègre, en 2005. Merveilleuse expérience d'ailleurs ! Alors que l'équipe était sans moyens, elle m'a loué une suite royale à l'Hôtel du Rhône grâce à une amitié entre hockeyeurs, et une Rolls offerte par un garagiste admirateur qui voulait juste une photo dédicacée. Nous avons beaucoup ri et restons complices : c'est ce que j'aime en Suisse, même si cette débrouillardise n'est pas « typiquement suisse ». Et puis j'ai aimé le film, sa qualité humaine, sa tendresse et les questions qu'il pose sur les relations entre deux frères et sœur confrontés à la mère atteinte d'Alzheimer. Ce mélange de bonne nature et de travail sérieux. Ensuite j'ai resserré mes liens avec le Festival de Zurich qui m'a offert la présidence du jury. Et là je me suis dit qu'il y avait en Suisse de formidables talents qu'on ignore alors même qu'on découvre des films philippins à Paris... Depuis lors, je travaille sur des scénarios, j'ai donné mes « secrets » à l'ECAL de Lausanne, où j'ai aussi rencontré Lionel Baier dont j'adore le travail personnel. Par ailleurs. Ce que fait la Fondation Rolex est extraordinaire, et c'est pour aider : pas du tout bling-bling ! Et le festival musical de Verbier, auquel j'assiste depuis le début, est aussi formidable !&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;strong&gt;- Vous avez passé à la mise en scène d'opéra avec &lt;em&gt;Don Giovanni&lt;/em&gt;. Quelle place la musique tient-elle dans votre vie ? Et Pensez-vous remettre ça ?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; - Vous êtes Italien d'origine, à prononcer Don &lt;em&gt;Giovanni&lt;/em&gt; comme ça ?&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;strong&gt;- Non, mais j'aime l'Italie et me réclame volontiers de mon arrière-grand-père maternel, un curé piémontais qui a connu bibliquement la mère de ma grand-mère, chassée de son village du Haut-Valais alors que lui restait crânement sur sa chaire...&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; - Ah je vous envie, ça c'est swing ! Quant à la musique, elle m'habite depuis ma jeunesse de danseuse. Mon oreille a été éduquée quand je faisais partie du corps de ballet, jusqu'à mon accident, car nous n'entendions pas que Tchaïkovski mais aussi Britten, Prokofiev et bien d'autres. Un jour, Seizi Ozawa m'a choisie pour remplacer Meryl Streep dans &lt;em&gt;Jeanne d'Arc au bûcher&lt;/em&gt;, de Claudel et Honegger, et c'est ainsi que je suis revenue à la musique. Plus tard, j'ai participé à des concerts-lectures au Carnegie Hall. Cependant je n'ai pas actuellement de rêve d'opéra. En revanche, je reprendrais demain le &lt;em&gt;Dialogue des Carmélites&lt;/em&gt; si on me le demandait. Il n'y a rien qui ne soit plus loin de moi que la religion catholique au sens strict, ou la Révolution française. Mais en travaillant sur le &lt;em&gt;Dialogue&lt;/em&gt;, j'ai découvert une correspondance de Gertrud Von Lefort avec Edith Stein, juive devenue carmélite et morte en camp de concentration. Or Gertrud von Lefort a écrit &lt;em&gt;La dernière sur l'échafaud&lt;/em&gt; avant Poulenc et Bernanos, et rajouté en 1933 le rôle de Blanche. Je n'ai pas ajouté l'étoile jaune à ma mise en scène, mais celle-ci a été une grande expérience partagée. À mes choristes carmélites que je considérais comme autant de rôles-titres, j'ai dit que j'espérais que nous sortions de cette aventure plus riche et meilleurs. Pendant les répétitions, il y avait une vraie grâce, alors que les répétitions de &lt;em&gt;Don Giovanni&lt;/em&gt; au Metropoliotan Opera étaient terribles, chacun craignant pour son job, etc. Bref, avec Cassandre, Jeanne d'Arc et les Dialogues, on ne quitte pas le spirituel même si je ne vais pas à l'église tous les dimanches.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;strong&gt;- Y a-t-il un film que vous mettiez au-dessus de tous ?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; - Quand passent les cigognes, de Mikhaïl Kalatozov. Sans être religieux, ce film contient tout...&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;strong&gt;- Le cap de la soixantaine est parfois redoutable dans le monde actuel, et notamment au cinéma. Comment l'avez-vous vécu ?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; - Bien mieux que le cap de la quarantaine ou de la cinquantaine ! En fait, je vois les propositions affluer ces derniers temps. Comme je ne suis pas trop botoxée, les réalisateurs apprécient peut-être mon naturel...Je viens de finir le tournage &lt;em&gt;d'Au galop&lt;/em&gt; de Louis-Do de Lencqeusaing. Je viens aussi de signer avec un grand réalisateur anglais pour le rôle principal de son prochain film - c'est génial mais encore top secret. Et un film français avec Gérard Depardieu va suivre, entre autres.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;strong&gt;- Lira-ton un jour les mémoires de Marthe Keller, et tenez vous un journal intime comme toute jeune fille bien&lt;/strong&gt; ?&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; - Ah non, quelle horreur ! On me le demande toutes les semaines, mais non ! Hier, cependant à l'ambassade suisse de Paris, j'ai lu &lt;em&gt;L'Analphabète&lt;/em&gt; d'Agota Kristof dont vient d'être tiré un CD pour les éditions Zoé. L'une de mes dernières lectures a été &lt;em&gt;Aucun d'entre nous ne reviendra&lt;/em&gt; de Charlotte Delbo, la douleur absolue. Et je travaille beaucoup, depuis trois ans, autour d'Anna Akhmatova, Marina Tsvetaeva et Rilke...&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;strong&gt;- Comment va votre Amérique ?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; - C'est assez terrible, comme partout. Mais c'est pire en France où on fait la gueule. Les Américains, c'est évidemment l'argent et l'argent, mais ils s'accrochent avec toute leur naïveté et leur courage aussi, et puis ils font quand même la fête. Les Français font la gueule et ils aiment un peu trop les scandales. Quant à moi, je ne pourrais pas vivre à Zurich ou à Bâle, mais là je vais passer un mois à Verbier et j'y suis déjà comme chez moi...&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;strong&gt;Journées de Soleure, jusqu'au 26 janvier. Programme des films avec Marthe Keller : www.journeesdesoleure.ch&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
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<title>Du muet qui parle au coeur</title>
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<updated>2011-11-20T21:00:16+01:00</updated>
<published>2011-11-20T21:00:16+01:00</published>
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<summary>   Le charme&amp;nbsp;frotté d'émotion&amp;nbsp;de&amp;nbsp; The Artist...     On pouvait...</summary>
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&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;img src=&quot;http://leopard.blog.24heures.ch/media/02/02/965330761.jpg&quot; alt=&quot;Dujardin2.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; id=&quot;media-31292&quot; /&gt;Le charme&amp;nbsp;frotté d'émotion&amp;nbsp;de&amp;nbsp;&lt;em&gt;The Artist...&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;On pouvait craindre, avec ce projet de revisiter le cinéma muet américain des années 20-30 et son déclin, la resucée nostalgique brassant les clichés complaisants, et pourtant c'est bien mieux que cela que &lt;em&gt;The Artist&lt;/em&gt;, film épatant de &lt;strong&gt;Michel Hazanavicius&lt;/strong&gt;, superbement construit et bonnement porté par le jeu de &lt;strong&gt;Jean Dujardin&lt;/strong&gt;, justement récompensé à Cannes, mais aussi de &lt;strong&gt;Béatrice Bejo&lt;/strong&gt;, subtilement craquante dansle genre glamour, et aussi - avant de parler des seconds rôles de premier rang, si l'on ose dire -, de l'adorable fox terrier dressé pilpoil au joli nom d'Uffy, dont les pitreries délocieusement cabotines rappellent l'inoubliable compagnon du tragique Umberto D...&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://leopard.blog.24heures.ch/media/00/00/2116664729.jpg&quot; alt=&quot;Dujardin1.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; id=&quot;media-31293&quot; /&gt;Dès l'ouverture du film, au sens bonnement musical puisque d'emblée la bande sonore émane de la fosse d'orchestre d'une immense salle de cinéma des années 20, avec chef à baguette, la mise en abyme annonce une intelligence de forme qui fera de tout le film, avec un scénario à l'avenant, un beau travail de cinéma aux plans souvent inventifs, pleins de clins d'yeux évidemment mais c'est aussi ça l'amour de l'art, jamais pesants pour autant.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Je l'ai déjà suggéré: les seconds rôles, notamment endossés par &lt;strong&gt;John Goodman&lt;/strong&gt; en producteur paterne&amp;nbsp;et &lt;strong&gt;James Cromwell&lt;/strong&gt; en chauffeur compassé et fraternel, achèvent de donner une touche hollywoodienne à cette romance mélancolique d'un acteur vedette du muet du nom de George Valentin, &amp;nbsp;supplanté par les nouvelles stars du parlant, à commencer par la talentueuse Peggy Miller qu'il a «&amp;nbsp;coachée&amp;nbsp;» initialement et ne retrouvera qu'en fin de parcours, après diverses péripéties romanesques pas vraiment développées, &amp;nbsp;pour un pas de deux à claquettes qu'on ne dira pas non plus&amp;nbsp;la séquence la plus légère du film - Jean Dujardin est certes bien plus intéressant ici qu'en O.S.S. 117, sans égaler Fred Astaire ou Gene Kelly pour autant... &amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Pas plus que d'&lt;em&gt;Intouchables&lt;/em&gt; on ne parlera enfin de &lt;em&gt;The Artist&lt;/em&gt; comme d'un grand film d'auteur, mais le plaisir, le charme, une pointe d'émotion sont au rendez-vous et ce n'est pas à «jeter&amp;nbsp;» par les temps qui courent...&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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<title>De touchants Intouchables</title>
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<updated>2011-11-05T12:49:04+01:00</updated>
<published>2011-11-05T12:06:00+01:00</published>
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<summary>      Une pinte de tendresse et de verve à partager    On n'acclamera pas le...</summary>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot; data-mce-style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://leopard.blog.24heures.ch/media/02/02/366769695.jpg&quot; id=&quot;media-31132&quot; alt=&quot;Intouchables2.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot; data-mce-style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;b&gt;Une pinte de tendresse et de verve à partager&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot; data-mce-style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;On n'acclamera pas le énième chef-d'œuvre, on n'aura pas la cuistrerie de comparer &lt;i&gt;Intouchables&lt;/i&gt; des compères Toledano et Nakache aux grandes comédies du 7e art, et pourtant c'est de l'artisanat de haute volée, aux mouvements puissamment enlevés, au rythme soutenu, aux cadrages alternant superbement grands espaces ouverts et retraits intimes, au dialogue ciselé pilpoil pour des personnages consistants et subtils, à l'interprétation en force ou en délicatesse mais jamais trop démago - bref c'est un bel et bon film d'aujourd'hui que cette adaptation cinématographique de l'histoire vraie de Philippe Pozzo di Borgo où François Cluzet, jouant des seuls traits de son visage et des intonations de sa seule voix, et l'irrésistible Omar Sy, mêlant drôlerie et gentillesse, font merveille au premier plan sans occulter pour autant quelques dames adorables ou quelques bourgeois calamiteux au deuxième plan.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot; data-mce-style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;C'est entendu&amp;nbsp;: le thème du handicap est traité ici de façon si non convenue qu'elle devient presque convenue (le richissime bourgeois cloué sur sa chaise et le beau Black des banlieues sans commisération, ça pourrait même puer la convention dilatoire), et pourtant ce film littéralement tissé de clichés, aux saillies satiriques non moins téléphonées (sur les soignants, l'art contemporain, les goûts musicaux qui se télescopent ou les dérives de la novlangue plus ou moins branchée)&amp;nbsp; ne nous vaut pas moins une formidable&amp;nbsp; pinte de belle humeur et de tendresse, avec une tas d'observations fines dans la foulée -&amp;nbsp; donc merci la compagnie: on ne va pas chipoter sur un tel plaisir...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot; data-mce-style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: large;&quot; data-mce-style=&quot;font-size: large;&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://leopard.blog.24heures.ch/media/01/01/1755728746.jpeg&quot; id=&quot;media-31133&quot; alt=&quot;Intouchables4.jpeg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot; data-mce-style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-3277716&quot; src=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/media/00/02/683433903.jpg&quot; alt=&quot;Intouchables3.jpg&quot; data-mce-src=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/media/00/02/683433903.jpg&quot; data-mce-style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
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<title>Nick le révolté</title>
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<updated>2011-10-15T14:43:41+02:00</updated>
<published>2011-10-15T12:51:00+02:00</published>
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<summary>     &amp;nbsp;   &amp;nbsp;   &amp;nbsp;   &amp;nbsp;   &amp;nbsp;   &amp;nbsp;   &amp;nbsp;   &amp;nbsp;...</summary>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://leopard.blog.24heures.ch/media/02/00/382253642.jpg&quot; id=&quot;media-30797&quot; alt=&quot;Ray1.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot; data-mce-style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot; data-mce-style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot; data-mce-style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot; data-mce-style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot; data-mce-style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot; data-mce-style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot; data-mce-style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot; data-mce-style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot; data-mce-style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot; data-mce-style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot; data-mce-style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot; data-mce-style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot; data-mce-style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot; data-mce-style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot; data-mce-style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot; data-mce-style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot; data-mce-style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;b&gt;Rencontre-entretien avec Susan Ray, veuve du grand cinéaste américain Nicholas Ray.&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot; data-mce-style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;La Cinémathèque suisse présente, jusqu'au lundi 31 octobre, une rétrospective consacrée au cinéaste américain Nicholas Ray, auteur de &lt;i&gt;La Furerur de vivre&lt;/i&gt; et de nombreux autres films de première importance tels &lt;i&gt;Les amants de la nuit&lt;/i&gt; (1948), le fabuleux &lt;i&gt;In a lonely Place&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;Le violent, 1950&lt;/i&gt;) avec Humphrey Bogart, &lt;i&gt;Johnny Guitar&lt;/i&gt; (1954) ou encore &lt;i&gt;À l'ombre des potences&lt;/i&gt; (1955), &lt;i&gt;Le Roi des rois&lt;/i&gt; (1961) et &lt;i&gt;Les 55 jours de Pékin&lt;/i&gt; (1963) avec Ava Gardner. &amp;nbsp;«&amp;nbsp;Autour&amp;nbsp;» de Nicholas Ray ont également été présentés &lt;i&gt;L'Ami américain&lt;/i&gt; de Wim Wenders et le mémorable &lt;i&gt;Lightning over Water&lt;/i&gt; ; &lt;i&gt;Nick's movie&lt;/i&gt;, du même Wenders témoignant de la fin de son ami en phase terminale de cancer, à sa demande. Enfin, Susan Ray, de passage à Lausanne ces derniers jours, présentait le dernier film de Nicholas Ray lui-même, tourné avec une quarantaine d'étudiants en 1971, intitulé &lt;i&gt;We can't go home again&lt;/i&gt; et constituant une sorte de patchwork «&amp;nbsp;godardien&amp;nbsp;» où l'on voit un film &amp;nbsp;se faire avec et par les étudiants, sur l'arrière-fond très présent des révoltes contre la guerre au Vietnam et pour les droits civiques à la fin de sixties. &amp;nbsp;En complément, la même Susan Ray présentait un documentaire de son cru sur Nicholas Ray en ses dernières années, sous le titre de &lt;i&gt;Don't expect too much.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot; data-mce-style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot; data-mce-style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;img src=&quot;http://leopard.blog.24heures.ch/media/00/00/1109419717.jpg&quot; id=&quot;media-30798&quot; alt=&quot;Ray14.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;Entretien avec Susan Ray&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot; data-mce-style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot; data-mce-style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;-&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;b&gt;Quelle sorte de teenager étiez-vous lorsque vous avez rencontré Nicholas Ray&amp;nbsp;?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot; data-mce-style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;-&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; J'étais une jeune fille assez différente des autres, je me sentais un peu à part dans ma génération, que Nick comprenait mieux que moi. Je venais du Connecticut. Mes parents étaient des gens instruits de la classe moyenne, mon père était avocat et ma mère enseignante. J'étais plutôt introvertie et le suis restée. Je lisais beaucoup et j'écrivais. J'aimais la musique et un peu le cinéma. Je n'avais jamais entendu parler de Nicholas Ray, dont j'avais vu pourtant quelques films, dont &lt;i&gt;Bigger than life.&lt;/i&gt; C'est à l'occasion du fameux procès des activistes, à Chicago en 1969, que nous nous sommes rencontrés une première fois par le truchement de l'avocat de la défense. Etudiante en méthodologie historique, j'avais été chargée de suivre le procès pour un éditeur new yorkais. Ce n'est que six mois après le procès, cependant, que Nick m'a fait venir chez lui et m'a demandé de travailler pour lui. J'ai commencé par nettoyer un monceau de vaisselle, ce qui l'a impressionné. Puis il m'a demandé de rédiger un script à partir du rapport qui avait été fait du procès de Chicago, pour un film qu'il avait en projet. Je n'avais aucune expérience de ce genre de travail, mais je m'y suis attelée. Moi qui rêvais alors de nouvelles expériences et autres aventures plus exaltante que le monde abstrait des cours, j'ai été servie !&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot; data-mce-style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;-&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;b&gt;Quel type d'homme était alors Nicholas Ray&amp;nbsp;?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot; data-mce-style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;-&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Il m'a semblé tout de suite extraordinaire. Il avait l'air d'un homme. Jamais je n'avais vu un type comme ça. Il dégageait une énergie folle. J'avais l'impression, avec lui, d'être plus libre qu'avec quiconque. Je me sentais acceptée telle que j'étais, et de surcroît je pouvais jouer avec lui comme avec un enfant. Nous avions ainsi des marionnettes, avec lesquelles nous avons joué jusqu'à la mort de Nick. Sa préférée était un lion. Elles faisaient un peu partie de notre famille. Une amie m'a dit que cette part enfantine, en moi, avait particulièrement attiré Nick, chez lequel elle était aussi très présente. Et puis, j'étais impressionné par la part de spiritualité qu'il y avait en lui. Comme je voulais devenir nonne lorsque j'avais cinq ans, et que je restais très préoccupée par ce domaine-là, j'ai été touchée par sa façon d'aller au fond des choses.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot; data-mce-style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;-&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;b&gt;On sent cette profondeur dans le contenu implicite de ses films...&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot; data-mce-style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;-&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Absolument. Sans pratiquer lui-même aucun exercice spirituel, sa façon d'interroger l'essence des choses et son travail sur la réalité faisaient de lui une espèce de mystique. C'était en tout cas un homme en recherche. A la fin de sa vie, lorsque j'ai commencé à pratiquer le yoga, il m'a dit que c'est ce qu'il aurait dû faire à mon âge. Il voulait absolument se comprendre lui-même à travers son approche des autres. Ses intuitions étaient d'une acuité exceptionnelle et ce sont à mes yeux les meilleurs indices d'une authentique spiritualité.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot; data-mce-style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;-&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;b&gt;Qu'a-t-il trouvé, pour sa part, dans la jeune fille que vous étiez&amp;nbsp;?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot; data-mce-style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;-&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Je me le suis souvent demandé. Je crois qu'il a senti que je le comprenais mieux que les autres. Il est difficile d'expliquer pourquoi deux êtres se reconnaissent et décident de vivre ensemble, mais Nick m'a dit un jour, dans une lettre, que je le connaissais mieux que quiconque. Nous étions bien ensemble, mais cela n'allait pas sans affrontements, pourtant&amp;nbsp; Nick a été la seule personne à me laisser libre jusque dans l'opposition.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot; data-mce-style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;-&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;b&gt;D'aucun parlent du Nicholas Ray de ces années comme d'un homme fini, ruiné et perdu d'alcoolisme. Or ce n'est pas l'image qu'il donne dans son dernier film...&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot; data-mce-style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;-&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Cette caricature de Nick m'a toujours révoltée&amp;nbsp;! Parce que son départ d'Hollywood n'a pas été le seul fait du milieu, mais également de sa volonté à lui. Mais évidemment, il est difficile, pour ceux qui croient tout avoir avec l'argent et la gloire, de comprendre qu'on puisse être las de tout ça et chercher autre chose. Or c'est exactement ce qui est arrivé à Nick, qui aspirait à explorer de nouveaux territoires. L'incroyable intensité de son engagement, dans la préparation du film avec les jeunes, qui flanchaient les uns après les autres alors qu'il pouvait travailler vingt heures d'affilée, est la meilleure réponse à propos de l'homme «&amp;nbsp;fini&amp;nbsp;», même s'il est vrai qu'il s'enfonçait de plus en plus dans son alcoolisme.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot; data-mce-style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://leopard.blog.24heures.ch/media/02/01/268387627.jpg&quot; id=&quot;media-30799&quot; alt=&quot;Ray13.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;-&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;b&gt;Quand a-t-il commencé à parler de &lt;i&gt;We can't go home again&lt;/i&gt; ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot; data-mce-style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;-&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Dès 1971, quand il a été engagé à donner ses cours à l'université de Binghampton. Il était convaincu que la seule façon d'enseigner le cinéma est de faire un film. Et c'est ainsi qu'il a poussé ses étudiants à s'impliquer à fond dans la réalisation.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot; data-mce-style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;-&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;b&gt;Leur vie même semble s'intégrer dans le film. La fille qui dit avoir racolé pour ramener 2000 dollars à la réalisation affabule-t-elle&amp;nbsp;?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot; data-mce-style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;-&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Pas du tout&amp;nbsp;! D'ailleurs il est difficile de faire la part de la réalité et de la fiction dans toute cette matière ressaisie par le film, où l'histoire du couple initial est juste un fil rouge. L'essentiel est ailleurs, qui a déterminé tout le travail de Nick et de l'équipe. Il s'agissait, pour lui, de donner une nouvelle image, plus brute et plus vraie, de la réalité que nous vivons. L'imagerie conventionnelle du cinéma et de la télévision lui semblait par trop léchée. Il aspirait à dégager ce qu'on pourrait dire une image subliminale de la réalité, en multipliant les approches par le patchwork d'images d'actualités, de scènes jouées au naturel ou avec des masques, d'éléments vidéo aux effets picturaux décalés, qui donnent au film son caractère expérimental. &amp;nbsp;C'est aussi pourquoi il n'a pas eu recours à des acteurs professionnels.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot; data-mce-style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;-&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;b&gt;Quel a été votre rôle dans l'élaboration du film&amp;nbsp;?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot; data-mce-style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;-&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; J'y ai beaucoup travaillé... depuis quarante ans, entre montage final et restauration&amp;nbsp;! Mais pendant le tournage, je me suis tenu dans les coulisses. D'abord parce que je n'aime pas être photographiée ou filmée, ensuite parce que je me consacrais à de plus humbles tâches, entre la cuisine et le travail d'assistance...&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot; data-mce-style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;-&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;b&gt;Qu'en est-il du documentaire que vous avez consacré à Nicholas Ray sous le titre de &lt;i&gt;Don't expect too much,&lt;/i&gt; qui reprend la sentence du Sphinx tirée de la belle scène centrale de &lt;i&gt;We can't go home again&lt;/i&gt; ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot; data-mce-style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;-&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; J'avais des questions à résoudre. À l'origine, c'est Bernard Eisenschitz, le biographe de Nick, qui devait le réaliser, mais ça n'a pu se faire. Je m'y suis donc attelée, alors que je n'avais jamais fait de films.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot; data-mce-style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;-&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;b&gt;Quelles questions vous posiez-vous&amp;nbsp;?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot; data-mce-style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;-&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Elles portaient à la fois sur ce que l'équipe de tournage avait vécu avec Nick et, plus généralement, sur les relations entre maître et élèves, qui me passionnent.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot; data-mce-style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;-&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;b&gt;Et quelles réponses avez-vous obtenu&amp;nbsp;?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot; data-mce-style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;-&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; J'ai constaté à quel point Nick s'était réellement «&amp;nbsp;donné&amp;nbsp;» à ces jeunes, comme s'il leur devait quelque chose d'important. Cela correspondait d'ailleurs à ce qu'il disait de sa génération, qu'il prétendait une génération de traîtres en cela que les pères avaient fait semblant d'ouvrir grands les bras à leurs enfants et les avaient refermés sans rien leur donner - ce qui me semble, pour ma part, une conclusion injuste. En fait j'ai l'impression que le reproche peut être fait à toutes les générations, et que la nôtre n'a pas été plus brillante que celle de Nick, au contraire&amp;nbsp;!&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot; data-mce-style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://leopard.blog.24heures.ch/media/00/02/1410182228.jpeg&quot; id=&quot;media-30800&quot; alt=&quot;Ray12.jpeg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;-&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;b&gt;Vous avez évoqué le thème de la transmission, au cœur du film lui aussi, notamment dans la scène du Sphinx interrogé par l'homme en quête de sagesse. Or, qu'estimez-vous que Nicholas Ray vous ait transmis&amp;nbsp;?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot; data-mce-style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;-&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Nick ne m'a pas transmis la sagesse, que j'ai plutôt trouvée auprès de mes maîtres zen. Il m'est d'ailleurs difficile de démêler ce que Nick m'a transmis et ce qui était déjà en moi. Ce que je dirai, au plus juste, c'est qu'il m'a permis d'être moi-même. J'aurais peut-être aimé qu'il me guide un peu plus, j'ai souffert de son alcoolisme, ce n'était pas un homme facile à vivre, mais moi non plus je n'étais pas facile à vivre. Nick m'a aidé à explorer les zones d'ombre de la nature humaine, les parties cachées, obscures ou douloureuses&amp;nbsp;; la recherche spirituelle passe par la souffrance, je vous l'ai dit, et c'est ce mélange aussi, de fragilité &amp;nbsp;et de profondeur, que j'ai retrouvé cet après-midi au musée de l'Art Brut que j'ai visité, à Lausanne, avec quelle émotion&amp;nbsp;!&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot; data-mce-style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot; data-mce-style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;b&gt;Lausanne. Cinémathèque suisse. &lt;i&gt;We can't go home again&lt;/i&gt; est à voir encore le 28 octobre, à 15h. Le même jour, à 18h.30, reprise des &lt;i&gt;The lusty Men&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;Les indomptables)&lt;/i&gt;, à 18h.30. En outre, &lt;i&gt;La Fureur de vivre repassera&lt;/i&gt; le 29 octobre à 15h. Pour le reste des projections, on consulte le site de la Cinémathèque&amp;nbsp;: www.cinematheque.ch&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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<title>Tanner de l'écran à la Toile</title>
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<updated>2011-09-30T21:36:25+02:00</updated>
<published>2011-09-30T21:36:25+02:00</published>
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<summary> &amp;nbsp;     La Cinémathèque accueille le réalisateur romand pour une soirée...</summary>
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&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;img src=&quot;http://leopard.blog.24heures.ch/media/01/02/619341858.2.jpg&quot; id=&quot;media-30529&quot; alt=&quot;Tanner.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;La Cinémathèque accueille le réalisateur romand pour une soirée d'hommage. À retrouver désormais sur un site Internet perso.&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;La Cinémathèque suisse fait décidément &amp;nbsp;bonne part aux cinéastes de notre pays. Après &lt;b&gt;Fernand Melgar&lt;/b&gt; et &lt;b&gt;Lionel Baier,&lt;/b&gt; et précédant un grand hommage à &lt;b&gt;Claude Goretta&lt;/b&gt;, en novembre, où toute une rétrospective sera consacrée à l'auteur de &lt;i&gt;L'Invitation&lt;/i&gt; et de &lt;i&gt;La Dentelière&lt;/i&gt;, l'institution lausannoise accueillera, jeudi prochain, le plus célèbre de nos réalisateurs à part le franco-suisse Godard&amp;nbsp;: &lt;b&gt;Alain Tanner.&lt;/b&gt; Parallèlement à la projection d'un des ses films récents, &lt;i&gt;Paul s'en va&lt;/i&gt; (2004), la soirée marquera l'ouverture d'un nouveau site Internet que les amis de Tanner (à savoir, notamment, le critique Serge Toubiana, le producteur Gérard Ruey et&amp;nbsp; le cinéaste Jacob Berger) ont élaboré pour la défense et l'illustration de son œuvre consacrée, en 2010, par un Léopard d'honneur au Festival de Locarno.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Figure emblématique d'une génération de jeunes gens en colère, Alain Tanner (né en 1929 à Genève) a marqué son époque, au tournant de la quarantaine, avec le mémorable&amp;nbsp; &lt;i&gt;Charles mort ou vif&lt;/i&gt;, avant bien d'autres ouvrages majeurs, de &lt;i&gt;La Salamandre&lt;/i&gt; à &lt;i&gt;Dans la ville blanche&lt;/i&gt;.&amp;nbsp; Par ailleurs, le thème de la filiation se charge aujourd'hui, dans son œuvre, d'un sens accentué par l'âge du vieux routier. «&amp;nbsp;La lutte des générations, cela n'existe pas&amp;nbsp;», affirme ainsi Alain Tanner au fronton de son nouveau site. Et d'ajouter&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Dans plusieurs de mes films, j'ai mis en scène le rapport des anciens et des nouveaux (...) Ce que j'ai voulu exprimer, c'était au contraire une vraie relation au travers du passage du témoin, de la transmission d'une certain savoir&amp;nbsp;». Ainsi l'auteur de &lt;i&gt;Jonas qui aura vingt-cinq ans en l'an 2000&lt;/i&gt; (1976) à &lt;i&gt;Jonas et Lila, à demain&lt;/i&gt; (1999) a-t-il intégré le transit des générations dans son œuvre, comme celle-ci à suscité la reconnaissance de cinéastes plus jeunes, de &lt;b&gt;Philippe Maillard&lt;/b&gt; (&lt;i&gt;Pas comme ci, comme ça&lt;/i&gt;, en 2007) à &lt;b&gt;Jacob Berger&lt;/b&gt; (&lt;i&gt;Je pense à Alain Tanner&lt;/i&gt;, en 2010).&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Le film &lt;i&gt;Paul s'en va&lt;/i&gt;, présenté jeudi à la Cinémathèque, s'inscrit également dans le droit fil de cette préoccupation d'Alain Tanner de «&amp;nbsp;passer le témoin&amp;nbsp;» puisqu'il met en scène dix-sept jeunes apprentis comédiens de l'Ecole supérieure d'art dramatique de Genève confrontés à la réalité contemporaine par leur prof en partance...&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;b&gt;Lausanne. Cinémathèque suisse, &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;Salle Paderewski, le 6 octobre à 20h.30. Sur la toile&amp;nbsp;:&lt;/b&gt; &lt;a href=&quot;http://www.alaintanner-cinema.com/&quot;&gt;www.alaintanner-cinema.com&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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<title>Vol spécial &quot;boosté&quot;</title>
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<updated>2011-09-15T12:55:16+02:00</updated>
<published>2011-09-15T12:39:00+02:00</published>
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<summary>      «&amp;nbsp;La polémique sur  Vol spécial  a boosté le débat&amp;nbsp;»     Le...</summary>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://leopard.blog.24heures.ch/media/02/02/479730831.2.jpg&quot; id=&quot;media-30190&quot; alt=&quot;Melgar56.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;b&gt;«&amp;nbsp;La polémique sur &lt;i&gt;Vol spécial&lt;/i&gt; a boosté le débat&amp;nbsp;»&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;b&gt;Le film de Fernand Melgar, injustement taxé de «&amp;nbsp;fasciste&amp;nbsp;», passe ce soir en avant-première au Capitole. Le réalisateur lausannois ne regrette pas le Léopard d'or...&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Un mois et demi après l'agression verbale qu'il a subie, à Locarno, de la part de Paulo Branco, président du jury international du festival qui traita son film de «&amp;nbsp;fasciste&amp;nbsp;» au jour même du palmarès où d'aucuns voyaient le Vaudois prendre la première place, Fernand Melgar affiche la plus belle sérénité. Avant la projection de &lt;i&gt;Vol spécial&lt;/i&gt; dans les salles suisses, dès le 21 septembre, le film sera présenté ce soir à Lausanne&amp;nbsp; à l'initiative de la Cinémathèque, qui a fait le plein du&amp;nbsp; Capitole en un temps record. Le réalisateur sera présent et un débat suivra la projection&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;-&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;b&gt;Quel bilan tirez-vous de la polémique lancée par Paulo Branco&amp;nbsp;?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;-&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Avec le recul, je &amp;nbsp;vois surtout les effets positifs et constructifs de tout le battage médiatique qu'a suscité son dérapage verbal.&amp;nbsp; Je constate en effet que la controverse, relayée par les grands médias européens, avec de pleines pages dans &lt;i&gt;El Pais&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Die Zeit&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Le Monde diplomatique&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Libération,&lt;/i&gt; notamment, a fait plus pour le film, en élargissant le débat, qu'un Léopard d'or qui aurait passé pour une caution à la bonne conscience. Qui plus est, cette «&amp;nbsp;publicité&amp;nbsp;» m'a permis de trouver un distributeur pour la France&amp;nbsp;!&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;-&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;b&gt;Avez-vous pu vous expliquer avec votre «&amp;nbsp;agresseur&amp;nbsp;» ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;-&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Non, pas au-delà de nos «&amp;nbsp;échanges» dans les colonnes de &lt;i&gt;Libération&lt;/i&gt;. Comme il restait sur ses positions, je ne voyais pas l'intérêt d'une explication face à face. Et puis, ce que j'ai appris sur la désinvolture avec laquelle il a «&amp;nbsp;vu&amp;nbsp;» le film, s'absentant à tout moment de la salle de projection, et l'interdiction qu'il a faite aux jurés d'entrer en matière sur Vol spécial,&amp;nbsp; lors des délibérations - &amp;nbsp;comme me l'a rapporté un membre du jury désirant garder l'anonymat -, m'a fait douter d'avance de sa bonne foi. Finalement, il s'est plutôt ridiculisé en campant sur ses positions.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;-&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;b&gt;Quelles réactions politiques le film a-t-il déjà suscité&amp;nbsp;?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;-&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; À part celle de Micheline Calmy-Rey, qui a relevé le fait que les conditions des vols spéciaux dérogeaient parfois aux droits humains, il y a eu celle de la conseillère d'Etat genevoise Isabel Rochat qui, choquée par le film, a proposé que celui-ci soit montré à l'ensemble du Grand conseil genevois. Par ailleurs, la Conseillère fédérale Simonetta Sommaruga verra &lt;i&gt;Vol spécial&lt;/i&gt; très prochainement à Bienne. Enfin, nous attendons de nombreuses personnalités du monde politique ce soir à Lausanne.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;-&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;b&gt;Pouvez-vous évoquer les «&amp;nbsp;suites&amp;nbsp;» humaines des vols spéciaux qui ont impliqué des résidents de Frambois&amp;nbsp;?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;-&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Après le tournage du film, nous nous sommes rendus en Afrique, notamment au Cameroun au Kosovo, et nous allons réaliser un documentaire web qui sera disponible sur notre site. Cette nouvelle pratique du «&amp;nbsp;webdocu&amp;nbsp;»,en plein développement sur internet, correspond tout à fait à notre intention de prolonger l'exposé des faits au-delà du film. Le premier «&amp;nbsp;webdocu&amp;nbsp;» parlera notamment de Geordry, le Camerounais rapatrié de force et torturé durant cinq mois du seul fait d'avoir demandé l'asile en Suisse...&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;-&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;b&gt;La Cinémathèque suisse vous a donné carte blanche afin de programmer quelques films traitant de l'immigration. C'est nouveau&amp;nbsp;?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;-&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;Oui, et j'en suis reconnaissant à Frédéric Maire, qui fait un remarquable travail pour la défense du cinéma suisse, en impliquant les réalisateurs. Après les «&amp;nbsp;années d'ombre&amp;nbsp;» surtout consacrées à la mise en ordre de l'institution et à ses archives, je vois pointer, avec de multiples ouvertures dans le programme en cours, &amp;nbsp;ce qu'on peut dire des «&amp;nbsp;années lumière&amp;nbsp;»...&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;b&gt;Gros plan sur l'immigration&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Parallèlement à la projection de &lt;i&gt;Vol spécial&lt;/i&gt;, la Cinémathèque propose ces jours une série de films traitant du thème de l'immigration et de ses multiples aspects historiques, politiques ou sociaux, dont le choix a été opéré en collaboration avec Fernand Melgar&amp;nbsp;: neuf films en tout, longs métrages de fiction ou documentaires, qui seront parfois présentés par leurs auteurs. De l'ensemble, Melgar a retenus trois «&amp;nbsp;coups de cœur&amp;nbsp;»&amp;nbsp;:&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;-&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Réalisé en tandem par Nicolas Vladimoff et Denis Chouinard, c'est d'abord &lt;i&gt;Clandestins&lt;/i&gt; (1998), un film de fiction fondé sur la triste réalité des conteneurs dans lequel des immigrés illégaux sont embarqués dans des cargos, en l'occurrence de France au Canada. Les deux réalisateurs sont partis de très durs témoignages vécus. (19 septembre, à 21h.)&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;-&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Autre film très fort selon Melgar&amp;nbsp;: &lt;i&gt;Illégal&lt;/i&gt; (2010) dOlivier Masset-Depasse, qui évoque le sort&amp;nbsp; de Tania, femme russe, et de son fils de 14 ans Ivan, vivant clandestinement en Belgique depuis 8 ans jusqu'au jour où Tania se fait arrêter et interner dans un camp de rétention semblable à celui de Frambois. Primé à Cannes, ce film belge date de 2010. (22 septembre à 18h.30)&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;-&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Enfin, signé par la Vaudoise Jacqueline Veuve, c'est le &amp;nbsp;&lt;i&gt;Journal de Rivesaltes 1941-42&lt;/i&gt; (1997) qui documente les faits consignés dans le&amp;nbsp; journal tenu par une infirmière alémanique dans ce camp d'internement regroupant Juifs et Tziganes, et qui fonctionne aujourd'hui comme camp de rétention pour immigrés et sans papiers. (27 septembre, à 18h.30)&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Lausanne. Cinémathèque suisse. L'immigration à l'écran, du 16 septembre au 17 octobre. Programme complet disponible sur le site&amp;nbsp;: &lt;a href=&quot;http://www.cinematheque.ch/&quot;&gt;http://www.cinematheque.ch&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
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<title>Le rêve (très) éveillé de Basil Da Cunha</title>
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<updated>2011-08-31T13:23:29+02:00</updated>
<published>2011-08-31T13:21:00+02:00</published>
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<summary>  Avec ses deux &quot;courts&quot; récents,  À côté  (2009, Prix du court métrage de...</summary>
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&lt;p&gt;&lt;b&gt;Avec ses deux &quot;courts&quot; récents, &lt;i&gt;À côté&lt;/i&gt; (2009, Prix du court métrage de Villa Da Conde en 2010) et &lt;i&gt;Nuvem (Le poisson-lune&lt;/i&gt;) découvert à la Quinzaine des réalisateurs de Cannes, puis au dernier Festival de Locarno, le cinéaste helvético-portugais de 26 ans s'affirme comme l'um des talents les plus originaux et solides &lt;img src=&quot;http://leopard.blog.24heures.ch/media/00/00/1574013588.jpg&quot; id=&quot;media-29839&quot; alt=&quot;Basil.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;du cinéma à venir entre Lisbonne et Lausanne.&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Il y a des gens dont on pourrait dire, comme ça, qu'ils ont la grâce. Basil Da Cunha, par exemple. À la fois par sa présence à cette table de buffet de gare, immédiatement intense et pure, irradiant également ses deux premiers films, intenses et purs, saturés de réel pur et dur dont leurs images expriment l'âpre beauté.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Car cette «&amp;nbsp;grâce&amp;nbsp;»&amp;nbsp; n'a rien d'évanescent. Elle émane de la vie même, brute de décoffrage. Elle fait rayonner de beauté des visages cabossés par l'existence, pêchés par Basil dans la réalité la plus fruste&amp;nbsp;: un chantier nocturne genevois et la vie solitaire d'un ouvrier, dans &lt;i&gt;À côté&lt;/i&gt; ; le labyrinthe à ciel ouvert d'un bidonville dans &lt;i&gt;Nuvem, le poisson lune&lt;/i&gt;, que nous avons découvert au récent festival de Locarno après la Quinzaine des réalisateurs de Cannes.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;«Une réalité incroyable», souligne Basil à propos du bidonville lisboète, où il s'est plié à tout un système de règles subtiles pour y être admis. Or, videur de boîte de nuit lausannoise à ses heures, le jeune homme affirme qu'il a découvert en ces lieux «&amp;nbsp;un savoir-vivre incroyable&amp;nbsp;», malgré les faits et gestes nocturnes de ses «&amp;nbsp;amis&amp;nbsp;» trafiquants ou tueurs...&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Rien, au demeurant,&amp;nbsp; de &amp;nbsp;pédagogiquement&amp;nbsp;» ou «&amp;nbsp;politiquement&amp;nbsp;» social dans le regard que Basil porte sur ces réalités. De toute évidence, ce qu'il cherche est une présence humaine dans sa nudité et sa crudité, une pâte qu'il puisse travailler au corps avec son âme d'artiste. Ainsi du personnage de Nuvem, Nuage en français: Nuvem le glandeur naïf de ce bidonville créole, qui pourrait être documenté comme un «&amp;nbsp;cas social&amp;nbsp;». Mais Basil en fait plutôt le sujet d'un conte initiatique doux et dur. Nuvem le minable part en effet pour pêcher un poisson-lune, seul moyen lui a-t-on dit de conquérir le cœur de la belle serveuse noire qui le snobe. Egalement rejeté par les malfrats du bidonville qu'il a provoqués, accablé de reproches par sa mère, moqué par les rappeurs de la zone, Nuvem finira par prendre la mer comme on dit que la mer prend l'eau. D'une première série de plans, toute douceur et dureté mêlées, évoquant son rejet par la belle serveuse dans un subtil mouvement tournant de la caméra (tenue par Basil lui-même), aux images finales du départ de Nuvem vers quel ailleurs marin, une poésie prenante s'ajoute à cette vie de chien errant dans un climat crépusculaire qui fait l'économie de toute profondeur de champ. Mais où Basil Da Cunha a-t-il «&amp;nbsp;pêché&amp;nbsp;» tout ça&amp;nbsp;? À quelle «&amp;nbsp;école&amp;nbsp;» a-t-il été formé&amp;nbsp;?&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;On comprend vite, à parler avec ce fils d'immigré né en 1985 à Morges, qu'il a trouvé ladite école dans la vie. Certes il a passé par la section cinéma de l'Ecole d'art et de design de Genève, où il reconnaît que des «&amp;nbsp;intervenants&amp;nbsp;», tel le réalisateur catalan Albert Serra, lui ont beaucoup apporté&amp;nbsp;; et l'admiration, ou le contact personnel, qui le relient à deux figures reconnues du cinéma portugais actuel, Pedro Costa et Miguel Gomes, comptent aussi dans sa propre orientation et dans sa jeune expérience, à laquelle il associe fraternellement son ami Julien Rouyet, qu'il taxe de «&amp;nbsp;Bresson protestant&amp;nbsp;», avec lequel il collabore dans sa petite «&amp;nbsp;boîte de prod&amp;nbsp;» de Thera et dont il attend beaucoup du prochain «&amp;nbsp;long&amp;nbsp;».&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Mais sa plus grande reconnaissance, question formation, va d'abord à ses parents, séparés l'un de l'autre mais auxquels on le sent fortement attaché&amp;nbsp;: Irène l'artiste peintre, sa complice et soutien de &amp;nbsp;ses tout premiers «&amp;nbsp;courts&amp;nbsp;»&amp;nbsp;d'adolescent&amp;nbsp;; et Antonio Da Cunha, opposant au salazarisme tôt exilé en Suisse, connu sur la place au titre de directeur de l'Institut de géographie à l'Université de Lausanne&amp;nbsp;; Et Basil de citer, aussi, côté Portugal, la flopée de cousins qu'il aime à retrouver dans son pays d'origine.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Si nous avons parlé de «&amp;nbsp;grâce&amp;nbsp;» à propos de Basil Da Cunha, c'est d'abord et avant tout par ce qui le distingue de tant de jeunes cinéastes actuels sortis des écoles, justement, qui se cantonnent dans les exercices de style et les prises de tête. Par delà la technique, ce fan de Fellini et de Kurosawa, entre autres, pense et ressent en poète de cinéma. Rêveur éveillé aux yeux ouverts sur le monde et la vie des gens, l'air un peu chenapan, peu porté sur les clans et les cliques mais plein d'amitié et d'amour - surtout impatient de déployer son (grand) talent...&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;img src=&quot;http://leopard.blog.24heures.ch/media/00/02/530990889.jpeg&quot; id=&quot;media-29840&quot; alt=&quot;Locarno1165.jpeg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;Basil Da Cunha, &lt;i&gt;Nuvem (Le poisson lune).&lt;/i&gt; DVD disponible, édité par Thera Production.&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Basil Da Cunha est né à Morges le 19 juillet 1985.Il réalise 3 court-métrages auto-produits, puis devient membre de l'association Thera Production qui produit&lt;br /&gt; &lt;a href=&quot;http://www.thera-production.ch/index.php?id=1&amp;amp;id_film=2&quot;&gt;&lt;b&gt;La Loi du Talion&lt;/b&gt;&lt;/a&gt; en 2008.&lt;br /&gt; Depuis 2008, il suit une formation en cinéma à l'Ecole d'art et de design de Genève au sein de laquelle il réalise&lt;br /&gt; &lt;a href=&quot;http://www.thera-production.ch/index.php?id=1&amp;amp;id_film=6&quot;&gt;&lt;b&gt;A Côté&lt;/b&gt;&lt;/a&gt;, qui gagne le prix du meilleur court métrage portugais à Vila Do Conde en 2010.&lt;br /&gt; Il vit entre Lausanne et Lisbonne, où il réalise &lt;a href=&quot;http://www.thera-production.ch/index.php?id=1&amp;amp;id_film=8&quot;&gt;&lt;b&gt;Nuvem (Le Poisson Lune)&lt;/b&gt;&lt;/a&gt;, qui est projeté en 2011 à la Quinzaine des Réalisateurs de Cannes.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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