10.08.2008

La relève d’un nouveau monde

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HORS CHAMP Aux yeux de certains, plus rien de significatif ne se ferait dans la création contemporaine occidentale, et notamment en littérature et au cinéma. Dans L’Homme seul, essai aussi original que discutable, l’écrivain lausannois Claude Frochaux prétend ainsi que les années 60 auront marqué le terme de la créativité artistique du XXe siècle; et il n’est pas le seul à «retirer l’échelle» aux nouvelles générations. Or, faute d’attention au travail de celles-ci, et sans donner pour autant dans le « jeunisme » flatteur au goût du jour, l’on risque bien de passer de la solitude à l’autisme aigri, au mépris de toute filiation vivante, entre générations mais également entre cultures.
Ce thème de la filiation, vécue ou fracassée, est d’ailleurs récurrent dans les films venus du monde entier à Locarno, mais aussi dans les rapports entre créateurs. A cet égard, on relèvera le respect admiratif que de jeunes réalisateurs confirmés, comme Ursula Meier, Jean-Stéphane Bron ou Lionel Baier, entre autres, manifestent à l’égard des « vieux » toujours créatifs, tels Jacqueline Veuve ou Richard Dindo. Non moins réjouissant : le fait qu’un Fernand Melgar salue son cadet Germinal Roaux pour son film Icebergs, et que de très jeunes cinéastes romands s’alignent à la chasse aux léopards de demain.
Dans un essai à paraître d’une généreuse lucidité, Jean-Claude Guillebaud annonce Le commencement d’un nouveau monde. Et si la relève du cinéma de partout, tous âges confondus, avait quelque chose à nous en dire ? Voyons d’abord avant d’en juger…